Claudia Schweitzer
Histoire des Théories Linguistiques, CNRS, Université de Paris
Dans sa Lettre sur la musique française (1753 : 91), Rousseau dĂ©clare « quâil nây a ni mesure ni mĂ©lodie dans la Musique Française, parce que la langue nâen est pas susceptible ». Par consĂ©quent, son « chant nâest quâun aboyement continuel, insupportable Ă toute oreille non prĂ©venue ». Le français est une langue inadaptĂ©e pour chanter, ainsi lâopinion souvent exprimĂ©e (comme ici chez Rousseau), et ceci jusquâĂ aujourdâhui. La prĂ©fĂ©rence est gĂ©nĂ©ralement donnĂ©e Ă la langue italienne dont Giambattista Mancini (1776 : 199) fait lâĂ©loge ici : « Toutes les nations sont obligĂ©es, bon grĂ© ou malgrĂ© [sic !], de convenir que la langue italienne est, de toutes les langues, la plus harmonieuse, la plus douce, la plus suave, la plus propre, en un mot, Ă ĂȘtre adaptĂ©e Ă une bonne musique. »
Si lâon compare ces constats avec celui de Hermann Finck (1556Â : livre 5) au milieu du Read more ›
